Existe-t-il quelque chose de plus agréable que de bien manger à Paris ? Oui : bien manger en terrasse à Paris ! Selon un théorème qu’on n’explique pas, les assiettes ont toujours meilleur goût quand on les déguste avec une paire de lunettes de soleil sur le nez, des glaçons dans les verres et qu’on ne peut pas lire l’heure à cause des reflets. Dans cette sélection, on a réuni les terrasses parisiennes les plus agréables de nos restaurants favoris, des parenthèses où se poser pour se régaler, à la fraîche, décontractés des papilles. Si vous voulez prendre de la hauteur, zieutez notre guide des rooftops.
Le Petit Bal perdu, posté en plein 5e, bénéficie – sans exagérer – d’un des plus beaux emplacements de restaurant de la ville : perché au-dessus des pavés, perdu au milieu des arbres avec une terrasse en or dominant la placette Lucien-Herr (où passent moins de voitures que dans le maquis corse), sonorisé par une fontaine et la cour de récré de l’école voisine… Un havre bucolique à deux pas de la rue Mouffetard pour une honnête cuisine sudiste.
Où ? 32 rue Tournefort, Paris 5e
Dans la famille des adresses qui jouent à saute-frontières et fusionne joyeusement les héritages, ce Café de l’Arc repris par Ramy Ndione met dans le mille en se postant aux confluences de l’Afrique de l’Ouest, de la France et de l’Italie grâce à la cuisine de la cheffe Christina Ogiefa, prodige italo-nigériane venue de Rome. Le cadre ? Celui, minimal, d’un ancien PMU de quartier à prix raisonnables, à la super terrasse et à la plus grande tolérance au bruit des environs.
Où ? 3 bd Saint-Denis, Paris 3e
Sur la rue Sorbier haut lieu des apéros ménilmontesques vient d’éclore Pipa où la jeune taulière Margot Lavialle, venue de Brigade du Tigre, a posé étagères de bouteilles, chaises bistrot et maousse terrasse. Dans la cuisine ouverte, s’active Morgane Saguedolce, autodidacte marseillaise qui n’hésite pas à enflammer la pitance de piments, de poivres, de condiments puissants. Et on boit quoi avec ça ? Nul picrate chez Pipa mais une jolie carte naturiste. Pas de pipeau, on en pince pour Pipa !
Collé (gramme) à la Maison des métallos, le resto lumineux à murs blancs et mobilier néo-50’s de Romain Tellier ne va pas révolutionner les Insta(gramme) mais régale tout le quartier avec l’alerte bistronomie saute-frontière du chef Louis Fedide autour du rassurant triptyque entrée-plat-dessert !
Où ? 96 rue Jean-Pierre-Timbaud Paris, 11e
À un jet de bouchon de son domicile audonien, Fleur Godart a ouvert Fine Fleur, une lumineuse cantine d’angle/cave, largement ouverte sur la place de la Paix et de l’Amitié entre les Peuples (quel beau nom) et dotée d’une plantureuse terrasse. On y tortore des assiettes pleines de réconfort et de produit de saison à mouiller de vins nature choisis par la patronne. Et le samedi, c’est poulet rôti (de la ferme parternelle) !
Où ? 162 rue du Docteur Bauer, Saint-Ouen
L’ancien atelier d’estampage du XIXe devenu restaurant vegé sous l’égide de la triplette Julia Chican, Marine Ricklin et Mehdi Favri en jette sérieusement avec ses trois niveaux, ses poutres rivetées rouge coquelicot et son atrium d’où pendent des fils de lumière ! Ce Maslow Temple offre en plus une superbe terrasse de 60 places où on peut se régaler d’assiettes sans viande mais avec un beau boulot sur les sauces (et vue sur le Carreau du Temple en prime !). On rince toutes ces protéines végétales avec quelques vins bio, des cocktails alcoolisés ou non. Au final, un vrai bon moment où le végé s’oublie et une addition très douce pour le quartier.
Où ? 32 rue de Picardie, Paris 3e
Le tout nouveau bistrot ouvert par Antoine Villard (le chef) et Morgane Souris (la sommelière) a déjà conquis son monde avec ses assiettes aux produits de saison et recettes du terroir (foie gras, bouillabaisse) qui se colorent de souvenirs de la cuisine asiatisante de Double Dragon où le chef fit ses armes. Et quand on apprend qu’en plus, on peut y manger en terrasse sur une charmante placette pavée du 20e, on rugit !
Où ? 46 rue des Vignoles, Paris 20e
Une adresse aussi bonne que branchée (big up à la déco signée Mur.Mur) qui déroule une terrasse en or dans une petite impasse. Les percolations de cafés artisanaux s’accompagnent de pâtisseries sorties du four ou de convaincants sandwichs. Tout simplement une réussite !
Où ? 78 rue des Martyrs, Paris 18e
Au cœur du marché aux puces de Saint-Ouen, en face du Bonne Aventure (des mêmes tauliers), cette cantine canari déploie une grande terrasse au soleil. Les chalands y mangent des assiettes bien roulées : brioche perdue et chantilly au mascarpone, sandwich au poulet frit ou salade César. A faire couler avec un kombucha, une bière locale ou des vins nature. On est bien à Saint-Ouen.
Où ? 96 rue des Rosiers, 93400 Saint-Ouen-sur-Seine
Une institution populaire revient à la vie ! Ce bouclard à souvenirs pour les Juifs tunisiens de Belleville tombait en lambeaux. C’était sans compter sur le très habile Edouard Lax, proprio du bistrot le Grand Bain juste en face qui, après de longs travaux et un sérieux coup de polish, a rendu sa chaleur à la devanture à carrelage terracotta, décrassé l’enseigne et fait entrer la lumière dans cet antre amical. Le délice des Délices ? Une irrésistible terrasse plantée dans cette ruelle sans voitures où l’on s’imagine très bien refaire sa vie, du matin au soir. Car le lieu ouvre en continu pour une offre au sourcing plus chaud qu’un livre de Bruno Lemaire.
Où ? 4 rue Lemon, Paris 20e.